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La venerie

La Chasse à courre ou vénerie est spécifiquement française mais elle est pratiqué en Angleterre et en Belgique. La chasse à courre consiste à forcer un animal à l'aide d'une meute de chiens homogène, servie par des veneurs à cheval ou à pieds. Une journée de chasse est très ritualisée. Dès l'aube, des valets de limier "font le bois" ou le "pied", c'est à dire qu'ils tentent de rembucher des animaux courables. Lors du rapport qui a lieu en fin de matinée à l'endroit du rendez-vous, le maître d'équipage choisit la brisée ( soit la meute entière, soit a l'aide de quelques rapprocheurs, chiens calmes de grand nez). La durée d'une chasse est très variable, certains animaux sont pris en moins de deux heures, d'autres se défendent magnifiquement, en multipliants les ruses, cherchant à donner le change ou a forlonger (lorsque prend beaucoup d'avance sur les chiens). Un animal attaqué n'est pas obligatoirement forcé. Les équipages de cerf prennent en moyenne deux fois sur trois, la réussite est beaucoup plus difficile au chevreuil dont la voie est plus subtile. L'utilisation de l'arme à feu est absolument proscrite, les équipages servent les animaux avec une dague ou une lance. La chasse s'accompagne de fanfares, de trompes qui indiquent les principales circonstances du laisser-courre: le lancé, la vue, le lieu-aller, le débuché, le bat l'eau et l'hallali sur pied. Le maître d'équipage remet à une personne qu'il veut honorer le pied antérieur tressé de l'animal. La vénerie est un mode de chasse très naturel qui présente deux avantages : Elle n'entraîne pas de perte par blessure, ses prélèvements sont tous connus avec précision car la chasse est publique.

                 

Depuis une vingtaine d'année, la vénerie française s'est fortement développée avec près de 400 équipages, 20 000 chiens et près de 100 000 suiveurs et veneurs. Elle est présente dans 67 départements. La France offre des conditions favorables à l'exercice de vénerie, la densité des espaces boisés est plus élevée que partout ailleurs en Europe et notre climat tempéré fournit des conditions propres a ce mode de chasse où tout repose sur le travail des chiens. Les membres des équipages et leurs sympathisants sont regroupés au sein de la Société de Vénerie, association selon la loi 1901 et fondé en 1907. Par ailleurs, les quelques 400 équipages de vénerie ont leur association particulière : l'association française des Équipages de Vénerie ayant pour but de représenter, promouvoir et défendre les différentes disciplines de la vénerie ainsi que de veiller au maintien du respect de ses traditions, de législation et réglementations spécifiques.

En plus de la législation générale, l'exercice de la vénerie est réglementée par différents décrets, arrêtés et directives qui lui sont propres en raison de son particularisme. Aucun équipage ne peut chasser sans être détenteur d'une "attestation de meute" délivrée par la direction départementale de l'agriculture dont dépend administrativement son chenil. La période d'ouverture de la chasse à courre, fixée sur le plan national, dure 6 mois, durée indispensable au maintien des meutes et en raison du prélèvement limité et parfaitement contrôlable des équipages. Par ailleurs, tous les équipages s'engagent à respecter le code d'Éthique établi par l'AFEV qui veille à son application. Ses dispositions principales ont été reprises par un arrêté du ministère de l'environnement. Toutes ses directives correspondent à une véritable éthique de chasse et du respect de l'animal chassé.

 

Les DIFFERENTES Veneries

La Venerie du Lapin

Environ 42 équipages chassant le lapin ont été répertoriés en France, dont deux de bassets hounds. Ce nombre est en forte progression depuis 5 ans. Il correspond aux aspirations de veneurs passionnés et sportifs. La Vénerie du lapin se caractérise par une petite meute de petits chiens, un petit territoire boisé, une tenue solide et résistante, un petit budget mais très grande dépense d'énergie le jour de la chasse. Pour vraiment pratiquer la vénerie du lapin il faut être très passionné. Peu de folklore, peu de grand spectacle mais beaucoup de connaissance de la Nature et d'esprit d'équipe...

Différents événements peuvent se rencontrer au cours d'une chasse : - le laisser-courre : La durée moyenne d'une chasse est de 15 à 30 minutes dans des conditions normales. Toutefois, certains lapins se font prendre de suite et d'autres peuvent tenir plus d'1 heure. Le territoire et la qualité de la voie sont déterminants. De tous les animaux courables la voie du lapin est la plus fugace : Après 4 à 5 minutes en général, la voie disparaît, d'où l'obligation d'intervenir rapidement en cas de défaut. Les jours où le temps est très défavorable, les chiens sont alors incapables d'emmener la moindre voie. La voie est l'odeur laissée par l'animal lorsqu'il se déplace. Loin d'être une trace indélébile que les chiens n'auraient qu'à suivre, tout est subtilité et difficultés : la voie est changeante, discontinue, volatile, plus ou moins forte selon l'animal, le territoire et les conditions atmosphériques ; c'est le paramètre fondamental de la vénerie, car tout repose sur la perception olfactive des chiens. - les ruses : De par sa morphologie, la lapin ne peut courir longtemps sans devoir s'arrêter pour calmer sa respiration et son rythme cardiaque. Aussi il est bien rare qu'il fasse un grand parcours sans pause. Il préférera donc des ruses plus restreintes en amplitude : il emmêle ses voies dans les ronciers et se cache au milieu, fait des crochets, des boucles... Sa particularité par rapport aux autres animaux courables, c'est de se réfugier dans des endroits où il devient inaccessible : tas de pierres, de bois, de paille, troncs d'arbres creux tels que celui des saules à l'intérieur desquels il grimpe comme un écureuil , etc. Avec le lapin il faut s'attendre à tout, et c'est ce qui fait son charme. - le furetage :  Le furet est animal domestique, utilisé depuis toujours pour faire sortir les lapins de leur terrier. Carnassier, c'est naturellement qu'il poursuit les lapins dans leurs garennes jusqu'à ce qu'ils sortent. Si la garenne est grande le lapin se fera longuement chasser sous terre avant de sortir, mais parfois il préfère rester dans son trou; dans ce cas il faudra attendre que le furet ressorte, et cela peut être long ! - le déterrage : Il ne peut se pratiquer que sur de petits terriers. Dans le meilleur des cas un bâton flexible pour sonder et une pelle permettent d'arriver jusqu'au lapin. Dans tous les cas, une fois l'animal déterré il convient de lui laisser quelques instants de répit avant de remettre les chiens à la voie. - l'Hallali : Si malgré toutes ses ruses le lapin n'a pas réussi à échapper aux chiens il finit par se faire rattraper et tuer sur le champ. Si ses ruses ont réussi ou que la voie mauvaise voie lui a été profitable il ne reste plus à l'équipage qu'à sonner la "Rentrée au Chenil".

La Venerie du Lievre

La chasse à courre du lièvre est par excellence un sport de jeunes. Il est nécessaire en effet d'être en pleine possession de tous ses moyens physiques pour suivre à pied - à quelques exceptions près d'équipage chassant à cheval - à travers bois et plaines, et ceci de tout temps . Il n'est pas rare qu'un veneur parcoure une quinzaine de kilomètres dans un après-midi, mi-marchant, mi-courant dans les terres détrempées et les chaussures lourdes de boue. A ceux qui envisagent de chasser par la suite d'autres animaux , cette vénerie apparaît , par sa délicatesse et sa nécessité de l'effort, comme la meilleure des écoles

Les chiens de lièvre, d'une plus petite taille que ceux utilisés pour les autres animaux doivent être fins de nez, rapides sans excès , très enthousiastes , avoir le feu sacré comme leur maître, car les prises sont aussi incertaines qu'inégales . Certains équipages de lièvre chassent aussi le lapin de garenne qui procure des menées moins longues, mais tout aussi passionnantes . Les prélèvements - infimes - des 139 équipages de lièvre sont de l'ordre de 650 animaux par saison sur 1 500 000 environ qui sont prélevés par la chasse ou écrasés sur les routes.

La Venerie du Chevreuil

Seule, l'amélioration des qualités des chiens courants vers les années 1800, basée sur le croisement entre les races françaises et anglaises, a permis la création de meutes aptes à prendre le chevreuil à courre. Le chevreuil est un animal rapide, rusé, et dont l'odeur est légère . C'est pourquoi sa chasse plus que tout autre, nécessite des chiens rapides, ayant une finesse de nez exceptionnelle, de la voix, un grand amour de la chasse et des aptitudes héréditaires de sagesse, les amenant à ne pas changer d'animal.

Pour ces raisons, les veneurs de chevreuil, 92 équipages, doivent avoir une passion et une connaissance extrême de leurs chiens. Cette chasse est difficile, subtile et très tributaire des conditions atmosphériques. Il n'est pour cela pris que 800 animaux par saison, pour plus de 3 500 laisser-courre (chasses), alors que 396 000 chevreuils sont prélevés à tir et que plusieurs dizaines de milliers sont écrasés sur les routes.

La Venerie du Sanglier

Les équipages de sanglier sont dénommés "vautraits ".L'origine de cette appellation vient des chiens, dits "vautres", utilisés déjà par les Gaulois. Animal réputé rébarbatif et ennemi des récoltes auxquelles il cause des dégâts, sa chasse à courre est généralement pratiquée par des équipages composés en majorité de ruraux. Il est nécessaire à ceux-ci de bien connaître les lieux où se tiennent les sangliers qui se déplacent en vrais nomades dans de vastes territoires. C'est pourquoi la préparation de la chasse, dite "rembûcher" effectuée par les valets de limiers, le matin-même, est essentielle.

Il importe de disposer de chiens résistants et courageux, conduits par des veneurs montés sur de bons chevaux capables de couvrir au besoin des distances de 50 kilomètres et plus. Il existe 30 vautraits et leurs prélèvements sont de 400 animaux par saison, sur les 350 000 environ qui sont éliminés au total par la chasse.

La Trompe de Chasse

La trompe de chasse est indissociable de la Vénerie. Elle lui doit son origine, sa signification et son développement. Les premières fanfares de chasse remontent à 1723 où le Marquis de Dampierre écrivit les premières des 2 000 fanfares qui constituent aujourd'hui un patrimoine musical exceptionnel.

La trompe de chasse est traditionnellement destinée à la vénerie. Sa tonalité originale est ré. L’enroulement du tuyau est de 3 tours ½ (comme pour le cor). Son pavillon est plus étroit et plus conique que celui du cor de chasse. L’intérieur du pavillon est généralement de couleur noire pour éviter au sonneur à cheval d’éblouir le cavalier et sa monture immédiatement derrière lui. La branche d’embouchure ne comporte pas de coulisse d’accord.

L’embouchure de la trompe de chasse offre des bords assez fins (dits «coupants»), pour empêcher qu’elle ne glisse sur les lèvres de l’instrumentiste pendant le jeu à cheval. La trompe d’Orléans est désormais généralisée, avec le pavillon dessiné par Périnet au siècle précédent et qui offre un meilleur compromis entre puissance, timbre et souplesse. La production industrielle ne fournit que des trompes de qualité moyenne sinon médiocre, mais la fabrication artisanale est heureusement poursuivie par quelques ateliers. Ce soucis de maintenir une tradition ancienne ne bloque pas pour autant toute évolution ; la nouvelle «Montpoupon» de Périnet ou les trompes en bronze en témoignent.

L’embouchure moderne, quant à elle, offre un large éventail de diamètres et de profondeurs, avec une tendance vers des grains plus fins qu’au siècle précédent ; l’émission du son y gagne en précision, avec un timbre un peu plus pincé. Les bords minces, voire quasiment coupants, connaissent une faveur peu justifiée. Ils sont très agressifs pour les lèvres et la souplesse de jeu qu’on leur prête est pour le moins contestable. Mais l’usage en est bien établi et les sonneurs y tiennent comme à un signe qui les distingue des autres cuivres.

Encore minoritaire au début du XXème siècle, la trompe de vénerie s’affirme rapidement. Sous l’influence du tayaut qui se généralise. C’est un style tout à fait nouveau qui émerge. En effet, à la différence du trille des lèvres qui ne ralentit pas l’exécution, le tayaut allonge la durée de la note sur laquelle on l’exécute. C’est à peine perceptible, mais suffisant pour bousculer le rythme normal (on rattrape instinctivement le léger retard de la note tayautée en passant plus vite sur la note suivante, d’ou un déplacement des accents naturels de la mesure). Le tayaut demande aussi un soutien du souffle, car il fait la transition entre deux notes. Ceci amène à sonner chaque phrase en liant toutes les notes.

En quelques décades, l’émulation jouant (stimulée par l’action des fédérations), ces tendances s’amplifient et prennent force de loi, aboutissant au style typique qui marque définitivement la trompe du XXIème siècle  : tayaut appuyé et systématique, rythmique basée sur une accentuation décalée, phrasé puissant, notes liées en une seule respiration, vibrato intense… C’est le ton de vénerie

 

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